Bienvenue...

L'Histoire et l'Aviation ont toujours tenu une place prépondérante dans ma vie.

Dans ce blog, je consignerais mes rencontres avec l'Histoire et raconterais mes rêveries d'aviateur en herbe.

Je vous invite à mille lieues d'histoire, ou mille lieux d'histoire, notez la subtilité. Peut-être pourrons nous mieux comprendre le monde, ou peut-être pas.

Dans la catégorie "J'avais 14 ans en 1989", je publie quelques pensées sur les évènements qui ont marqué mes jeunes années.

Je souhaite vos commentaires, vos remarques, heureuses ou cinglantes, méchantes ou mielleuses. Il n'est pire cauchemar, pour quiconque commet l'impudence d'écrire, que le silence de ses lecteurs...

Merci du temps que vous m'accordez!


Tim

J'avais 14 ans en 1989

Mercredi 9 mai 2007

J’avais 14 ans en 1989

Il faut bien une introduction…

Je suis né le 9 novembre 1975, c’est à dire trente ans après la fin de la deuxième guerre mondiale, vingt et un ans après Dien Bien Phu, douze ans après la fin de la Guerre d’Algérie, onze ans après la mort de Kennedy, huit ans après mai 68 et le divorce des Beatles , neuf ans après Woodstock, cinq ans jour pour jour après la mort du Général de Gaulle (Mes devoirs, mon général !), deux ans après le premier choc pétrolier et la Guerre du Kippour, quelques mois après la fin de la Guerre du Vietnam et la poignée de main spatiale entre les soviétiques et les américains.

Vous noterez que je ne commence la liste de ce que j’ai raté qu’après la deuxième guerre mondiale parce que, depuis la création du monde jusqu’à Adolf en passant par la chute de Carthage, l’invention de l’imprimerie, la prise de Québec et l’invention de l’aéroplane, j’en ai raté tellement que je suis bien obligé d’être sélectif.

A naître en 1975, quand on regarde ce qui s’est passé dans les soixante-quinze années précédentes, on a bien l’impression d’arriver après la guerre, pour reprendre une expression consacrée. Si on y rajoute les évènements qui se sont déroulés entre la naissance et la première fois qu’on regarde consciemment autour de soi, comme par exemple la mort d’un grand-père qu’on aurait aimé connaître, on se dit qu’arriver en retard va devenir l’une des grandes constantes de sa vie…

J’ai donc grandi en toute insouciance, avec peut-être, au fond, un peu de déprime chronique parce que tout avait déjà été fait. Protégé par ma famille, je suis passé de la couche au slip Disney, puis des Lego aux Playmobil, puis du vélo à la mobylette. J’ai pris un gros coup de vieux pas très mérité quand mon premier neveu est né et un peu après, j’ai commencé à trouver les filles plus intéressantes que les Majorette.

Le 9 novembre 1989, j’ai eu 14 ans. Les évènements de ce jour là ont marqué l’histoire, à tel point que je ne sais plus quel intello a pu dire qu’ils scellaient la fin de l’histoire.

Mais une quinzaine d’années après, je m’aperçois que les illusions de mes 14 ans font partie de l’histoire, elles aussi. Donc, en tant que tout nouvel acteur pas franchement volontaire de l’histoire, je me sens appelé par l’esprit de Froissart. Dans tout le fatras inepte de ce que l’on peut dire, voir et entendre, moi aussi, j’ai mon mot à dire, le mot d’un petit gars de quatorze qui a la désagréable impression d’avoir grandi trop vite.

A bon entendeur…

Par Tim
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 13 mai 2007
Chapitre 1: La menace Rouge

Le 9 novembre 1989, comme tous les jours, j’écoute la radio. La télévision, pour diverses raisons plus ou moins bien fondées, n’est pas en odeur de sainteté dans ma famille. Je me contente donc de la radio, de mes Playmobil et des livres d’histoire (pour enfants) dont je raffole.

Oui, j’aime l’histoire. Ne me demandez pas pourquoi, je n’ai toujours pas la réponse. Je sais juste que j’ai toujours trouvé ça plus marrant que toute la fiction dont on est abreuvé quand on est gosse. Le black-out quasi-total que j’ai eu sur la télé m’a fait échapper au Club Dorothée et à Dragon Ball Z. Entre nous, ce n’est pas plus mal. Mais, arrivé au lycée et en études supérieures, mon manque de culture télévisuelle associé à une culture générale un poil plus étendue que la moyenne basse, surtout en histoire, m’a souvent fait passer pour un martien auprès de mes camarades qui se demandaient, je cite : « T’étais où ces vingt dernières années ? »

Le 9 novembre 1989, donc, j’entends à la radio ce que tout le monde voit à la télé. Des jeunes berlinois de l’ouest sont perchés sur le mur de Berlin et commencent même à l’attaquer à la pioche, sous l’œil méfiant mais sans réaction de la police est-allemande.

            Dans les jours, puis les mois puis les années qui suivent, le rideau de fer qui sépare l’Ouest de l’Est se fendille, se désagrège et s’effondre. C’est d’abord le mur de Berlin, puis les frontières entre les deux Allemagne qui s’ouvrent tandis que l’on voit des soldats hongrois qui tranchent les toiles d’araignées barbelées qui les séparent de l’Autriche. Les gouvernements communistes de Pologne et de Tchécoslovaquie ne savent plus où donner de la tête alors que leurs peuples respectifs les débordent et se libèrent sous l’impulsion de Lech Walesa et de Vaclav Havel. C’est une irrésistible vague de liberté qui court sur le monde, qui déchaîne littéralement les peuples et empêche les tortionnaires de réagir. Témoin et deuxième fait historique de cette vague mondiale, la libération de Nelson Mandela, après près de 30 ans d’un goulag sauce afrikaner, annonce la fin prochaine de l’Apartheid en Afrique du Sud.

Ce qui est exceptionnel dans cette vague de liberté qui se manifeste pour mes jeunes yeux en 1989, c’est l’absence de réaction des pouvoirs qui depuis tant d’années maintenaient leurs pays et leurs peuples sous le joug totalitaire et qui avaient déjà écrasé à plusieurs reprises des mouvements de liberté similaires. Je l’apprendrais par la suite, le soulèvement de Prague en 1956 avait déclenché l’intervention directe des soviétiques qui avaient rétabli dans le sang, les larmes et la poudre le bonheur béat et les prérogatives harmonieuses de la société communiste. Et là, en 1989, les soviétiques ne bougeaient pas.

 

Durant mon enfance, j’ai grandi avec l’impression toujours grandissante que les Russes représentaient une menace terrible et qu’ils pouvaient, à tout moment, pour un oui, pour un non, bondir par-dessus le rideau de fer pour nous bouffer tout cru, déclenchant par là même, la troisième guerre mondiale puisque les américains voleraient au secours de leurs alliés et que le tout finirait dans un maelström nucléaire dont très peu d’entre nous réchapperaient, si la terre n’avait pas tout bonnement explosé. Ce scénario catastrophe doit faire écho dans beaucoup de mémoires parce que je ne crois pas être le seul à l’avoir ressenti comme ça !

Depuis que j’ai commencé à poser mon regard naïf sur le monde, j’ai ressenti une profonde antipathie pour le communisme et ses systèmes cousins, socialisme et autres trotskismes. Au départ, c’est sans doute à cause de l’idée exprimée dans « Rideau de Fer ». Ce terme, savamment inventé par Churchill, illustre bien tout ce qu’il y avait d’effrayant dans ce bloc de pays de l’Est hermétiquement, métalliquement et policièrement fermé qui tuait ou déportait sans ménagements tous ceux qui cherchaient à en sortir ou qui avaient des contacts avec l’extérieur. L’enfer, c’est les autres, je veux bien, mais à ce point là, quand même…

Les images d’allemands de l’est courant vers la liberté entre les mines, sous les tirs nourris des miradors ont marqué mes jeunes yeux qui n’osaient pas regarder quand ces mêmes fuyards s’échouaient dans les barbelés électrifiés sous les regards tendus des soldats de deux camps. L’attitude des soviétiques par rapport à la liberté religieuse avait aussi de quoi me refroidir. Moi qui aimais faire ma prière du soir et lire ma Bible quand je m’ennuyais ferme pendant les sermons du dimanche, j’imaginais d’un très sale œil qu’un soviétique à kalachnikov, bottes de cuir et casquette pizza puisse me l’interdire.

Alors entre les âges de 10 à 14 ans, je jouais souvent à la guerre avec mes cousins. Dans nos jeunes esprits, nous nous préparions à rencontrer les soviets sur le champ de bataille et à leur mettre une bonne raclée. Nous étions des parachutistes du 6ème RPIMA (mon frère y avait fait son service et le béret rouge, ça vous marque un gamin !) Nos russes imaginaires, quant à eux, étaient toujours moins bien habillés, moins intelligents, moins sportifs, moins stratèges que nous. Nous avons fait tomber d’innombrables colonnes soviétiques dans nos embuscades imparables et nous avons fait un nombre incalculable de prisonniers dans des combats féroces, qui ne résistaient pourtant pas à la cloche du goûter ! Nos pauvres soviétiques doivent une fière chandelle à nos mamans, qui nous imposaient des armistices gourmands vers 17h. D’autres fois, en achetant des magazines et des posters d’aviation, nous jouions à des combats aériens théoriques entre les avions occidentaux et soviétiques. Le F-15 arriverait-il à battre le Mig-25 ? Les Mirage 2000 feraient-ils le poids face aux Mig-23 ? Le F-16 pourrait-il intercepter le Tupolev 95 ? Ce qui nous effrayait le plus, c’était l’armement terrible et l’allure meurtrière de l’hélicoptère Mil Mi 24 « Hind » que nous appelions « Libellule de la Mort ». Cet engin nous donnait des frissons d’horreur. D’autres fois, encore, nous lisions avec inquiétude des reportages disant que l’Armée Rouge comptait un million d’hommes alors que les Etats-Unis n’en avaient que la moitié. Nous nous rassurions en nous disant que les Ricains étaient technologiquement supérieurs mais, pour des gosses de 14 ans, une technologie supérieure, ça ne veut pas dire grand-chose.

En fait, j’étais vachement inquiet. Parents, méfiez-vous, la géopolitique aussi, ça peut filer des cauchemars aux gamins ! J’avais peur que les soviétiques ne soient meilleurs que les américains et que nous ne soyons obligés de vivre sous la botte russe. J’espérais, sans trop y croire, que les américains et nous-mêmes aurions assez de hargne et de talent pour vaincre les Mig-25, les T-72, les Spetznaz et les Katiouchas des Popov, des bolcheviques, des Ruskofs et autres Cosaques. Mais sachant que l’Américain moyen préfère boire une Root Beer en regardant le Super Bowl après avoir briqué son Pick-up, j’avais bien peur que les Yankees soient un peu trop tendres pour une Armée Rouge chauffée à blanc! (Il y a là un jeu de mots savoureux pour qui connaît un minimum d’histoire russe !)

Il ne faut pas négliger la part religieuse dans cette crainte du soviétique. Aujourd’hui, ça passe dans les oubliettes de l’histoire, mais il faut se souvenir que les communistes interdisaient la pratique religieuse et les réunions de croyants et faisaient une chasse rapprochée aux textes sacrés de toutes sortes et, en premier lieu, à la Bible. La religion, c’est l’opium du peuple, disait Mao et les soviétiques traquait ce genre de came super efficace avec une application à faire pâlir de honte nos Brigades des Stups ! Il n’empêche, pour qui connaît le bonheur béat qu’était la vie en URSS, on comprend ceux qui voulaient se shooter à une religion qui permet l’espoir ! Nombre de ces « drogués » ont été emprisonnés et torturés pour avoir assisté à des réunions religieuses où pour avoir caché une Bible chez eux. Les missionnaires étrangers qui tentaient de répandre le christianisme en URSS ou ses pays satellites étaient, quand ils étaient pris, , au pire condamnés pour espionnage, si ça ne se terminait pas par une exécution très propre et très franchement arbitraire, au mieux accusés de pornographie. L’âme humaine mise à nu doit être pornographique pour le Parti Communiste… Dans ma propre congrégation, il y avait une famille qui introduisait clandestinement des Bibles en Roumanie et qui tremblait pour sa vie à chaque passage de frontière. Ce n’est d’ailleurs pas terminé ! Essayez donc de tenir une réunion religieuse libre et ouverte à tous en Chine ou à Cuba, dans laquelle vous insinuez que le Parti et ses dirigeants n’ont pas toutes les réponses et que la Vérité est peut-être ailleurs, dans X-Files, par exemple… Et moi, l’enfant qui apprenait les malheurs des chrétiens soviétiques et du peuple russe en général, j’étais donc naturellement très effrayé par ces terribles soviets belliqueux qui lorgnaient sur ce que j’avais de plus cher : ma foi et ma liberté !

L’attitude soviétique face à Israël ajoutait à mon effroi. Tout à ma passion de l’histoire, je découvrais l’horreur des camps nazis et j’en éprouvais une profonde sympathie pour les Juifs. D’autant que la Bible, que je lisais le dimanche pour ne pas m’endormir (toujours ces sermons à rallonge intellectualisés au-delà des capacités de mon jeune âge… voire de mon âge adulte !), était pleine de l’histoire du peuple hébreux qui était désigné comme la prunelle de l’œil de Dieu. Les soviétiques, avec leur appui armé aux pays arabes qui voulaient (et veulent toujours même s’ils s’en vantent moins) boire du sang juif au petit déjeuner, m’apparaissaient d’autant plus monstrueux.

            Ces pauvres communistes russes étaient vraiment à l’antipode de ce dont je rêvais. Rien, absolument rien en eux ne me séduisait. Je ne pouvais absolument pas comprendre leur façon de penser et leur volonté de brimer toute liberté. Moi qui adore gambader peinard dans la campagne à la recherche de vestiges d’histoire et moi qui adore laisser vagabonder ma pensée partout ou elle veut aller, cette obsession pour un petit livre rouge, cette adhésion fanatique à un parti et le culte sans retenue à un petit gros moustachu m’a toujours laissé perplexe. Autant que la passion pour le rouge. Je préfère le bleu, c’est comme ça.

Aujourd’hui, je dois bien admettre que le mythe des femmes officiers russes, les beautés slaves dans leurs bottes de cuir et avec un regard méchant pour James Bond est peut-être tout ce que je regrette de l’URSS.

http://www.youtube.com/watch?v=dEItWioX4ls

Par Tim
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 7 juin 2007

II L’attaque de Karl


    Je dois aussi admettre que, plus tard, avec d’avantages de connaissances historiques, je me suis rendu compte que le communisme provenait de situations sociales désastreuses favorisées par des grands patrons qui avaient du mal à renoncer à l’Ancien Régime, et que dans l’idée de départ, à savoir une parfaite égalité entre les hommes et une répartition optimale des richesses en fonction des besoins de chacun, le communisme n’était pas si mauvais que ça.

Mais dans l’idée de départ seulement !!! Parce que dès que papi Karl Marx à commencer à écrire « Le Capital », ça a commencé à foirer. Les aspirations de justice sociale et de bien-être général sans exploitation de l’homme par l’homme sont devenues des théories fumeuses provoquant la jalousie, la frustration et donnant des lettres de noblesse à une révolution anarchique autant dans ses objectifs que dans la violence qu’elle invoque. A partir du moment où on a dit aux ouvriers et aux travailleurs que l’envie de tuer son patron était normale, compréhensible et que c’était d’ailleurs une évolution souhaitable dans la civilisation, on a irrémédiablement pourri le climat social. Il ne faut pas chercher plus loin sur la matière première du mauvais climat social. D’accord, si les castes dirigeantes s’étaient moins enrichis sur le dos des travailleurs et avaient été moins cons, on n’en serait pas là mais de la juste revendication syndicale et sociale, qui met le nez des patrons dans la bouse qu’ils provoquent, à la justification philosophico politico socio économique de leur neutralisation par la violence et le meurtre, il y a un pas, minuscule visiblement pour Marx, Lénine, Staline ou Besancenot mais gigantesque pour la civilisation humaine dans sa course vers la rétrogradation à l’état primaire !

Dictature du prolétariat… On peut difficilement imaginer un concept qui soit à la fois plus vide de sens et plus lourd en connotations que celui de « Dictature du prolétariat ». Ce concept, énoncé comme tel, atteste et confirme qu’il existe donc une basse classe de population, un tas d’humains hermétiquement emprisonnés dans les profondeurs de « l’échelle sociale » (concept qui est en fait assez fumeux, lui aussi). Généralement, ce tas d’humains est pauvre, très peu éduqué, mais il est foncièrement honnête, bon, travailleur acharné et responsable, diamétralement opposé à l’ambition, à la cupidité, ne rêve que de justice sociale et d’égalité. Ils sont surtout hyper exploités par des classes supérieures riches, très (machiavéliquement) éduquées, cupides, avides de pouvoir, ne vivant que pour écraser autrui, ne foutant rien et prenant un plaisir malsain à maintenir les basses classes dans un esclavage masqué mais implacable.

Cette conception de la société est désepérante et elle interdit toute individualité. Tant que vous faites un travail peu reluisant, que vous n’avez pas de pouvoir et que vous n’êtes pas très bien payés, vous faites partie du « prolétariat ». Si vous avez du pouvoir et que vous êtes bien payés, ne cherchez plus, vous faites partie du « patronat ». Qu’importe qu’après votre travail peu reluisant et mal payé, vous aimiez lire Shakespeare en sirotant un bon vin ou que vous fassiez partie d’un groupe de chimiste amateurs. Qu’importe qu’après avoir exercé une fois de plus votre pouvoir honteux, vous aimiez mettre les doigts dans le cambouis de votre moto ou dans les vers de terre de votre potager. Les deux classes sont opposées de façon définitive, à tel point que le seul avenir de la société réside dans une révolution dans laquelle le prolétariat deviendra une association d’assassins et le patronat une association de victimes persécutées. Joli programme ! Marx a du oublier de se relire ! Il n’envisage absolument pas qu’un «prolétaire » sans richesse familiale et sans éducation puisse se hisser, par la force de son travail et de ses qualités personnelles, aux fonctions de chef d’entreprise ou de cadre supérieur. De même, il n’envisage pas qu’un jeune homme né dans une famille riche et bourgeoise trouve son épanouissement dans un travail manuel, sans ampleur et sans responsabilités.

Le pauvre Louis XVI, par exemple, a été propulsé à un poste de monarque « patron », où il fallait être visionnaire politique, stratège militaire et décideur jusqu’à la cruauté (en gros comme son aïeul le XIVème, archétype du genre) alors qu’il aimait pousser la charrue et faire des travaux de serrurerie. On connaît le résultat. Inversement, les maréchaux de Napoléon, pour la plupart, ont commencé leur carrière militaire comme simples soldats « prolétaires » dans les armées du roi, génétiquement interdits de haut commandements et ont gravi les échelons de la hiérarchie militaire grâce aux mêmes qualités qui leur ont fait vaincre les troupes d’élite des empires européens et ridiculiser sur le terrain le « patronat » militaire européen.

Au fond, l'oncle Karl n’est pas plus coupable que les légions d’êtres humains qui ont considéré que la société était divisée en castes imperméables. Ce type de société existe partout à travers le monde. La condition des « intouchables » en Inde fait régulièrement l’indignation des sociétés occidentales. Par contre, Karl Marx vit et conçoit ses idées au XIXème siècle, après l’indépendance américaine, après la révolution française et aux alentours de la guerre de sécession américaine et des abolitions successives de l’esclavage dans la plupart des pays occidentaux, autant d’évènements qui ont pour objet, direct ou indirect, la condition de l’être humain dans une société moderne. Les « révolutions » américaines et françaises ont comme moteur principal la liberté et l’égalité des êtres humains. Elles énoncent des droits fondamentaux qui mettent tous les hommes sur un pied d’égalité et relèguent les fameuses « classes sociales » à de simples occupations professionnelles.

Karl Marx et ses idées représentent donc une franche régression de la pensée humaniste, plutôt qu’une évolution naturelle de la société, comme certains voudraient nous le faire croire. L’imperméabilité des classes devait être combattue en montrant les bienfaits de la reconnaissance des qualités individuelles de chacun au détriment de la famille et de la fortune, plutôt que d’être exacerbée en insistant sur « la lutte des classes » qui devait déboucher sur la « dictature du prolétariat ».

La deuxième idiotie de ce concept nullissime, c’est la dictature. C’est à dire l’exercice tyrannique du pouvoir par un homme ou un groupe d’hommes idéologiquement très dangereux et préférant discuter avec des cadavres plutôt qu’avec une saine opposition politique. Notre ami Karl Marx prône l’un des systèmes de gouvernements les plus dangereux qui soient pour l’être humain. On ne peut pas trop lui en vouloir, à Karl. La dictature, le pouvoir autoritaire, c’est à peu près les seuls modes de gouvernement qu’il connaît et qui fonctionnent en Europe à son époque. Et on peut comprendre, à la lumière de l’histoire sociale de l’Europe qu’il veuille mettre un terme à l’exploitation de l’homme par l’homme. Le problème est que toute personne un tant soit peu clairvoyante sait que ce ne sont pas systématiquement les riches et les « nobles » qui exploitent honteusement leurs congénères mais bien les filous machiavéliques qui, quelque soit le système social ou le système politique, dans la lumière ou dans l’ombre, arrivent à leurs fins en dépit de leurs origines sociales. Donner le pouvoir à un prétendu prolétariat ne changera rien en soi, sinon de donner le pouvoir à d’autres ambitieux sans scrupules qui exploitent déjà à leur niveau les faiblesses humaines sans en avoir l’air.

Pauvre Karl… Je me demande parfois s'il n'était pas un peu bourré quand il a écrit ses thèses. C’est complètement naïf de croire que l’on peut réussir à établir la justice sociale en éliminant une prétendue caste d’exploiteurs. Il n’existe pas de castes prédestinées à l’exploitation ou de classes sociales génétiquement modifiées pour exploiter les autres. On ne naît pas exploiteur, on le devient. On le devient quand on n’a aucune moralité, qu’on se rend compte que l’on a du pouvoir sur les autres, que l’on peut donc les manipuler à volonté et que l’on est assez retors et fourbe pour échapper de façon féline à tous les mécanismes de contrôle du pouvoir. Ce n’est pas une question de classe sociale ! Les gangs et les caïds qui terrorisent les banlieues pauvres dans le monde entier ne sont pas issues de classes sociales élevées.

J’affirme donc que contrairement à ce qu’ils avancent, les communistes et leurs cousins, même s’ils ont ponctuellement apporté quelques avancées sociales nécessaires, ont fait reculer de manière générale la cause de l’être humain. Les classes sociales sont un problème lorsqu’elles sont hermétiques. Il aurait fallu s’employer à développer les échanges et l’ouverture entre les classes et non les inciter à un conflit aussi destructeur qu’inutile. En termes d’amélioration de la dignité humaine dans l’histoire, le marxisme et ses dérivés gauchistes sont donc de vraies régressions.

Après que les révolutions américaines et françaises aient statué que les hommes naissaient libres et égaux en droits, qu’ils possédaient plusieurs droits inaliénables comme la vie, la liberté et la recherche du bonheur et qu’ils avaient tous droits à une représentation équitable dans le système de gouvernement, le marxisme aurait pu par exemple statuer que les hommes pouvaient par leurs qualités et leur travail améliorer leurs conditions de vie, individuellement et collectivement sans distinction d’origines familiales, ethniques religieuses ou sociales et sans distinction d’éducation et d’occupation professionnelle. C’est l’homme lui-même qui est important, pas sa profession, son compte en banque, ses diverses origines ou sa place ponctuelle dans la société.

Pour avoir manqué tout cela, le marxisme est passé complètement à côté d’une réelle évolution humaine ! Et Karl à côté d'une belle place dans 'histoire

Et après 70 ans d’échecs, où les exploiteurs communistes se sont montrés pires et plus violents que leurs homologues libéraux, où aucun des besoins de l’être humain n’a été comblé par la collectivisation et la dictature du prolétariat (dont la mise en œuvre s’est avérée illusoire partout où elle a été envisagée), où plus ou moins 90 millions de personnes sont mortes dans l’installation des systèmes communistes à travers le monde et où la terreur insidieuse d’une répression militaro-policière brutale, envahissante et liberticide s’est imposée comme la règle de tous les pays communistes, je pensais que le 9 novembre 1989 sonnerait le glas de cette dangereuse utopie communiste et de ses applications à travers le monde.

Ni l’URSS ou l’Europe de l’Est, ni la Chine ou la Corée du Nord, ni Cuba ou le Nicaragua, ni le Cambodge ou l’Angola ni tous les pays du tiers monde sous influence communiste n’ont réussi en 70 ans à démontrer que la société qu’ils préconisaient et défendaient ne rendait l’être humain heureux. Bien au contraire, on s’est aperçu que ces sociétés fonctionnaient presque davantage sur un mode « classe privilégiée - classe exploitée » que les sociétés libérales et qu’il valait mieux être pauvre aux USA ou en Europe de l’Ouest qu’en URSS. Les hautes sphères des Partis Communistes au pouvoir étaient (et sont toujours pour la Chine et la Corée du Nord) les seules vraies gagnantes de cette société dite idéale, elles vivaient dans une richesse insolente et indécente par rapport au niveau de vie moyen de leurs peuples et par rapport aux idées qu’elles étaient censées défendre et elles étaient surtout absolument inamovibles, sauf par purges internes, alors que les gouvernements « exploiteurs » libéraux  sont régulièrement soumis à la difficile et risquée sanction des urnes dans laquelle le peuple peut saborder toute politique qu’il n’approuve pas et tout dirigeant à côté de ses pompes. Il y en a un d’ailleurs qui ne s’est toujours pas remis de son méchant sabordage du 21 avril 2002 et qui n’a jamais retrouvé ses pompes…

Il me faut quand même mettre un peu d’eau dans ma vinasse râpeuse. Je suis obligé, par simple réalisme et par simple constatation, de rendre hommage à une certaine influence de la pensée marxiste. Dans des domaines bien particuliers, sur des points très précis, la pensée marxiste a amélioré localement la condition sociale et les conditions de travail, au milieu d’une révolution industrielle humainement terrible et écrasante. Si les enfants occidentaux ne ressortent pas tous les soirs couverts de poussière de charbon des infâmes boyaux meurtriers des mines, après quinze à seize heures d’un travail hallucinant, c’est grâce aux syndicalistes et activistes souvent motivés et encouragés par la pensée marxiste. Rendre le travail plus humain, plus respecté et mieux récompensé est bien évidemment un résultat positif de la pensée marxiste originale qui a eu le mérite de théoriser et de structurer des aspirations dispersées de respect de l’humain et de justice entre les hommes.

Mais entre temps, Vladimir Illich (Lénine), Joseph Djougatchvili (Staline), Léon (Trotsky), Mao et l’oncle Ho sont passés par là et leur application gouvernementale de la pensée marxiste a eu le résultat "social et juste" que l’on connaît ! La lutte finale, et tout ça…


Par Tim
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
 
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés