Mercredi 2 Juillet 2008, vers 22h. On apprend avec surprise la libération d’Ingrid Betancourt. Passé un premier instant de surprise ou l’on zappe de chaîne en chaîne et où l’on
fonce sur Internet, histoire de vérifier que Patrick Poivre d’Arvor n’a pas fumé un gros pétard colombien, il faut bien se rendre à l’évidence. Ingrid Betancourt, capturée par les Forces Armées
Révolutionnaires de Colombie (FARC) en février 2002, a été libérée par l’armée colombienne au cours d’une opération militaire complexe et de longue haleine. Avec elle, trois otages américains et
onze policiers et soldats colombiens sont également libres. C’est une grande bouffée de l’oxygène de la Liberté qui vient remplir l’esprit et mettre un terme à cette immonde connerie qui nous
tenait en haleine depuis 6 ans et demi. Désolé, mais je n’arrive pas à trouver d’autre mot que « connerie » pour qualifier le fait que les FARC retiennent des otages dans des conditions
atroces au fin fond de l’enfer vert de la jungle colombienne. Les FARC, ainsi se nomment-ils, histoire de se donner un genre de noblesse douteuse, ne sont qu’un ramassis de bandits de grand
chemin qui sont aussi pathétiques que les soldats japonais qui combattaient encore, seuls dans le Pacifique, trente ans après la fin de la guerre. Sans doute faudrait-il leur envoyer Lénine leur
dire que la Guerre Froide et que le communisme est moribond…
Trêve de conneries, pour ma part, à cet instant de joie de la libération tant espérée d’Ingrid Betancourt, je veux tirer mon
calot d’officier de réserve aux soldats, sous-officiers et officiers de l’armée colombienne qui ont mené une opération magistrale. Je n’en connais certes pas les détails, mais le résultat, assez
incroyable au demeurant, est là ! Il leur a fallu une longue et frustrante patience pour observer, relever, localiser, comptabiliser et ensuite planifier, planifier et planifier encore,
s’entraîner, s’entraîner et s’entraîner encore jusqu’à pouvoir réaliser le plan les yeux fermés. Il leur a fallu une coordination exemplaire, une discipline de groupe remarquable, une discipline
individuelle épatante, un professionnalisme à toute épreuve et une adaptabilité extrêmement intelligente pour mener à bien une mission ou tout pouvait « partir en vrille » à chaque
instant. Comme le disent les commandos, « tirer un coup de feu est déjà un échec en soi » et c’est sans doute avec cette lourde épée de Damoclès qu’ils ont agi. Le succès est devant nos
yeux mais ce soir, nous pourrions être en train de déplorer la mort d’Ingrid Betancourt, des trois américains, de tous les otages colombiens et de dizaines de soldats colombiens et de mercenaires
des FARC.
Soldats de l’armée colombienne, vous êtes des braves. Vous avez droit, à cet instant, à notre admiration et à nos plus
sincères respects. Ce soir, vous portez haut les couleurs de la Colombie et vous conférez un honneur inestimable à votre drapeau et à votre pays.
Vous avez su, selon la devise du parrain de l’aviation française, Georges Guynemer, Faire Face !
Ce soir, Messieurs, je vous salue.
Commentaires