L'Histoire et l'Aviation ont toujours tenu une place prépondérante dans ma
vie. Dans ce blog, je consignerais mes rencontres avec l'Histoire et raconterais mes rêveries d'aviateur en herbe.
Je vous invite à mille lieues d'histoire, ou mille lieux d'histoire, notez la subtilité. Peut-être pourrons nous mieux comprendre le
monde, ou peut-être pas.
Dans la catégorie "J'avais 14 ans en 1989", je publie quelques pensées sur les évènements qui ont marqué mes jeunes
années.
Je souhaite vos commentaires, vos remarques, heureuses ou
cinglantes, méchantes ou mielleuses. Il n'est pire cauchemar, pour quiconque commet l'impudence d'écrire, que le silence de ses lecteurs...
Ceci est la réédition d'un texte publié l'an dernier à la même époque. J'estime important de retrouver et de conserver le véritable
sens de Noël. Ceci est ma contribution.
Quand j’étais petit garçon, que ce soit dans les neiges somptueuses des contreforts des Rocheuses canadiennes
et américaines, ou le froid humide de la plaine béarnaise du Gave de Pau, face aux majestueuses Pyrénées, la fin du mois de décembre prenait une ambiance musicale bien particulière. Blotti près
de la cheminée avec mes frères et sœurs et mes parents, j’avais l’esprit bercé par les douces mélodies de ce que l’on appelle en Amérique les « Christmas Carols ». On pourrait traduire
ce terme par « Carillons de Noel » et effectivement, cela traduirait bien l’ambiance sonore qui a accompagné tous les Noëls de mon enfance. Douces et paisibles, ces mélodies sonnent
comme de petits carillons et font immédiatement penser à l’ambiance de Noël, la neige, les traîneaux, les cadeaux et surtout la paix qui semble se poser sur le monde, comme une trêve tacite entre
tous les imbéciles qui pourrissent la vie quotidienne le reste de l’année. Ainsi, avec comme toile de fond la barrière infranchissable et hautaines des Rocheuses, j’ai fait sonner ma voix de
petit garçon sur des airs comme ceux de « Frosty the Snowman », « Rudolph the Red Nose Reindeer », histoire touchante du reine mal-aimé de l’attelage du Père Noël, ou encore
« Jingle Bells » de notoriété mondiale. Quelle douceur que cette période de Noël, bénie des enfants dont les yeux scintillent autant que les guirlandes des sapins et dont les voix
tintent mieux que les cloches et clochettes des échoppes polaires du Père Noël. Bénie des parents aussi, d’ailleurs, parce qu’elle est l’époque ou le chantage au cadeau marche le mieux avec les
enfants turbulents ! Une période de paix, de beauté, de poésie et de fraternité s’instaure pour un mois sur au moins l’occident chrétien. Noël, indéniablement, reste gravé comme une période
de rêve dans les cœurs des enfants devenus grands.
On n’a aujourd’hui aucun mal, il est vrai, à imaginer tout ce que cette ambiance invoque, tant la machine de
guerre commerciale opportuniste d’une économie de consommation omniprésente nous abreuve de tous les codes visuels, sonores et gustatifs relatifs à la période de Noël. Pères Noël dans les centres
commerciaux ou accrochés à toutes les fenêtres, sapins gigantesques sur les places ou minuscules dans les appartements, guirlandes lumineuses dans toutes les rues, cadeaux et paquets partout,
promotions, opérations spéciales, remises exceptionnelles, livraisons gratuites à domicile, facilités de paiement sans frais, j’en passe et sans doute des meilleures ! Pas de doute, c’est
bien Noël, une période ou même les vautours et les hyènes du commerce de masse semblent devenir humains, presque sympathiques.
Devenu grand aujourd’hui, je m’aperçois que cela fait plusieurs années que je cours derrière l’esprit de Noël,
cet esprit qui m’enchantait tellement étant enfant et qui semble s’évaporer au fur et à mesure que les années s’accumulent sur moi. On me dit que c’est une fatalité, qu’il était temps que
j’arrête de croire au Père Noël, qu’il faut remettre les pieds sur terre, que ça reviendra un peu quand j’aurais des enfants, que je prendrais plaisir à « personnifier » le Père Noël
dans les yeux de mes enfants. Mouais… Je reste perplexe. J’ai quinze et bientôt seize neveux et nièces et cela fait pas loin de vingt ans que je vois des enfants et des cadeaux partout, chaque
matin de Noël.
Au fond, je sais ce qui me manque à Noël. Je sais ce qui, dans mon enfance, rendait ce moment merveilleux et
qui disparaît aujourd’hui. C’est l’un des rares avantages de l’adulte sur l’enfant, l’adulte analyse, réfléchit et comprend. Du moins en a-t-il théoriquement la capacité…
Quand j’étais un petit garçon, il y a un récit que mon papa et ma maman racontaient à tous les Noëls, et pas
seulement à Noël d’ailleurs. Mais Noël, au milieu de tous le fatras commercial et de la fête du Papa Noël, était le moment privilégié délibérément choisi par mes parents pour raconter cette
histoire. Cette histoire, que je conserve précieusement dans mon cœur comme un vieux parchemin portant la carte d’une cité merveilleuse, je vous la livre telle qu’elle existe dans un vieux livre
un peu oublié :
« En ce temps–là parut un édit de César Auguste, ordonnant un recensement de toute la
terre. Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. Tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville.
Joseph aussi monta de la Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée, dans la
ville de David, appelée Bethlehem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David, afin de se faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte.
Pendant qu’ils étaient là, le temps où Marie devait accoucher arriva, et elle enfanta son
fils premier–né. Elle l’emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie.
Il y avait, dans cette même contrée, des bergers qui passaient dans les champs les veilles de
la nuit pour garder leurs troupeaux. Et voici, un ange du Seigneur leur apparut, et la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux. Ils furent saisis d’une grande frayeur. Mais l’ange leur
dit : Ne craignez point ; car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d’une grande joie: c’est qu’aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né
un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. Et voici à quel signe vous le reconnaîtrez: vous trouverez un enfant emmailloté et couché dans une crèche.
Et soudain il se joignit à l’ange une multitude de l’armée céleste, louant Dieu et
disant: Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, Et paix sur la terre parmi les hommes qu’il agrée !
Lorsque les anges les
eurent quittés pour retourner au ciel, les bergers se dirent les uns aux autres : Allons jusqu’à Bethlehem, et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. Ils y
allèrent en hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph, et le petit enfant couché dans la crèche. Après l’avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été dit au sujet de ce petit
enfant.
Tous ceux qui les entendirent furent dans l’étonnement de ce que leur disaient les bergers.
Marie gardait toutes ces choses, et les repassait dans son cœur. Et les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, et qui était conforme à ce
qui leur avait été annoncé. »
Je perçois déjà les sourires narquois ou
gênés à la lecture de ce texte issu, je l’avoue volontiers, de la Bible.
Tiré du livre à la fois le plus aimé et le
plus haï, le plus imprimé et le plus détruit, le plus propagé et le plus interdit de l’histoire, voici donc le récit de la naissance de Jésus, le Christ. D’une admirable simplicité, le récit fait
mouche dans l’esprit de quiconque possède un minimum d’imagination. C’est sans doute pour cela qu’il est très aimé des enfants, moins des adultes et carrément pas des
intellectuels !
Bethlehem, petite ville au sud de Jérusalem,
en Palestine romaine, accueillant un couple d’anonymes, venus dans la juridiction dont ils dépendent pour être anonymement recensés et comptabilisés. On imagine ensuite aisément la scène. Venant
de Nazareth et après un long voyage, le couple cherche un toit pour la nuit. Toutes les auberges étaient-elles pleines, en cette période de recensement, ou bien ont-ils été victimes de l’idiotie
humaine, les galiléens étant méprisés du reste des israélites ? Tout ce que l’on sait, c’est qu’il n’y avait pas de place pour eux. Marie, enceinte et fatiguée du voyage, ne tarde pas à
ressentir des contractions. Il faut faire vite, et c’est sans doute avec l’œil sombre et la dent serrée que Joseph accepte en dernier ressort d’installer sa jeune épouse en travail dans une
étable ou une bergerie qu’une bonne âme aura accepté de prêter.
Lorsque le travail prend fin et que Marie prend son nouveau-né dans ses bras, le monde a changé d’aspect. Alors
que Joseph et elle le lavent, l’enveloppent dans une étoffe et le couchent dans une mangeoire à bestiaux, à quelque distance de là, le ciel s’embrase du spectacle inédit, exclusif et grandiose
(et gratuit, chose assez impensable à Noël !) du grand chœur de l’Armée céleste offrant son plus beau concert pour rendre les honneurs à l’arrivée du Sauveur. Quel spectacle proprement
hallucinant que ces légions défilant en rangs serrés devant des bergers médusés et des brebis pas en reste ! Le taux de crise cardiaque parmi les brebis ce soir là a du être colossal !
Et quel concert que les milliers de voix d’anges remplissant la nuit de leur chant puissant. Pensez donc avec quelle force et quelle fierté ces anges, grands guerriers devant l’Eternel ont du
vociférer leur hommage à leur Chef, entrant en lice pour la dernière bataille, celle pour laquelle, trente ans plus tard, ils piafferont d’impuissance et d’impatience alors que Jésus meurt
seul…
Pour l’heure, cependant, Jésus est un nouveau-né, frêle, faible, braillant. Ses cris de bébé ont sans doute
aiguillé les bergers vers lui, alors qu’ils cherchaient dans la nuit cette « bonne nouvelle » que les hérauts de Dieu leur avait annoncé. Quel contraste alors… On imagine sans peine le
regard de Joseph et de Marie, protecteur, heureux et émerveillé. Ils savent tous deux qui est l’enfant qui vient de naître mais peuvent-ils seulement réaliser ? Sans nul doute, l’arrivée des
bergers et leur récit incroyable leur aura rappelé, si besoin en était, que le monde n’était clairement plus le même : « […] aujourd’hui, dans la ville
de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. »
C’est alors que je m’aperçois,
au final, que je suis le seul responsable de la perte de l’esprit de Noël. Depuis combien de temps n’avais-je pas lu ce récit ? Trop longtemps visiblement, puisque je focalisais davantage
sur les Pères Noël et les zéros au chiffre d’affaires des marchands du temple et autres requins du marketing (Qui n’a pas son sapin 100% bio dont les aiguilles ne tombent
pas ?)
Il n’existe, je crois, qu’un
seul remède pour conserver l’esprit de Noël. Comme une vieille recette de cataplasme perdue depuis longtemps, je vous la livre telle que je me la suis administrée cette année.
Lisez encore une fois ce
récit, puis asseyez-vous sous un ciel étoilé, loin du bruit et de Jingle Bells. Fermez-les yeux et repensez aux bergers. Laissez infuser. Si vous n’êtes pas trop rouillés, vous ne devriez pas
attendre trop longtemps. Soudain, dans le lointain, vous entendez : «… Gloria …» Ca y est, vous y êtes. Ouvrez-les yeux, contemplez les étoiles. C’est votre cœur qui résonne.
« …Gloria, In excelsis Deo… »
comme te l'a dit Papa par mail,c'est très émouvant et tu sais très bien rendre les choses comme si on y était! Quel heureux rappel de cet évènement qui est un réconfort encore et toujours dans nos temps actuels... Christ, the Savior, was born today!...Ma
Commentaire n°1
posté par
Ma
le 03/12/2008 à 22h52
"betlehem au sud de jerusalem en palestine romaine"
cher Tim ,en ce temps la le terme de "palestine" n'existait pas encore et c'etait le pays de juda.Palestine,,plutot palestina fut le nom donne a la region ,bien apres ,apres l'ecrasement de la revolte juive ,ce par cesar afin de detruire toute trace de judeite dans le pays.(ne pas confondre avec philistie ,les philistins ,dont soit disant les arabes dis "palestiniens se revendiquent a tort.
Commentaire n°2
posté par
samuel
le 04/01/2009 à 08h36