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L' aviation et l'histoire ont toujours tenu une place prépondérante dans ma vie. Elles me font rêver, elles me font souffrir, elles me font réflechir.


Dans ce blog, je parle de mes rencontres avec l'histoire et de mes aventures d' aviateur. Je parle aussi des réflexions que notre époque m'inspirent, souvent tirées de mes rencontres avec l'histoire ou de mes aventures d'aviateur. 


Je souhaite vos commentaires, vos remarques, heureuses ou cinglantes, méchantes ou mielleuses. Il n'est pire cauchemar, pour quiconque commet l'impudence d'écrire, que le silence de ses lecteurs...


Merci du temps que vous m'accordez!


Tim

Voici les scans des trois articles que j'ai rédigé pour le numéro spécial thématique n°20 du magazine "Seconde Guerre Mondiale" du printemps 2010, à propos de la préparation de l'aviation française entre 1918 et 1940.

Cliquer sur les images pour avoir un texte lisible.

 

1918, la France maîtresse des airs

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1939, la difficile gestation d'une Armée de l'air cohérente

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1940, une aviation impuissante

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Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 16:03
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Voici le scan de mon article paru dans le numéro spécial thématique n°14 du magazine "Seconde Guerre Mondiale" Automne 2008, sous la direction de l'historien François Delpla, à propos de la possibilité pour les alliés d'intervenir directement sur les camps nazis. 

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Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 14:25
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En réaction aux assassinats de militaires et d'écoliers à Toulouse et Montauban, ces jours de mars 2012, j'ai souhaité m'adresser aux jeunes hommes et femmes qui se sont engagés dans la Préparation Militaire d'Initiation et de Préparation à la Défense Nationale de février 2012 sur la Base aérienne 120 de Cazaux et que j'ai eu l'honneur de diriger. J'ai souhaité évoquer avec eux certaines notions qui ont été remises en cause, intentionnellement ou non, par ces drames successifs. Considérant que cela concerne tous les français et non pas seulement des jeunes en préparation militaire, je partage ce texte sur mon blog personnel.

 

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Les évènements de ces derniers jours en Midi-Pyrénées m'incitent à partager avec vous quelques réflexions sur notre nation et sur ce que représente la République Française dont je suis officier et que vous souhaitez servir par votre engagement d'active ou de réserve dans l'Armée de l'air.

 

En premier lieu, je veux saluer nos quatre camarades parachutistes lâchement abattus par des tirs dans le dos et sans prévenir. Trois d'entre eux sont décédés, le quatrième lutte encore pour sa vie. La cohésion, dont je parlais il y a quelques jours, s'applique aussi à ces hommes et à leurs familles. Ils portent le même uniforme et défendent la même patrie que nous. Il nous faut penser à eux et nous sentir proches d'eux et de la douleur de leurs familles.

 

Quelle est la raison de ces meurtres? Personne, à cet instant, ne peut le dire mais je souhaite attirer votre attention sur le fait que porter l'uniforme de l'armée française nous met clairement dans le viseur de tous ceux qui, pour une raison ou pour une autre, en veulent à la France. Il faut en être conscient, il faut que vous y réfléchissiez. On peut un jour vous tirer dessus parce que vous portez cet uniforme et le tireur peut être un soldat nazi, un taliban, un pirate de la corne de l'Afrique, un terroriste du Hezbollah ou même un déséquilibré quelconque. La mort violente fait partie de l'engagement dans l'Armée française. Elle est parfois glorieuse et valeureuse, digne d'éloges et d'honneurs, au champ d'honneur. Elle peut aussi être triste et révoltante, source uniquement de larmes et de détresse, dans une rue de Montauban. Ce jour là à Montauban, le simple fait d'être en uniforme à côté de ces hommes là vous aurait valu le même sort. C'est abjecte et détestable mais c'est ainsi.

 

Je note toutefois que le tireur est intelligent: il les a pris par surprise parce qu'il sait que s'il les avait affrontés à armes égales, il n'aurait pas fait le poids face à des bérets rouges français.

 

En second lieu, le drame d'aujourd'hui à Toulouse ne peut que révolter des gens qui sont engagés dans la défense de la République. Abattre froidement, dans une école, trois enfants et un adulte, est un crime qui, dans sa violence et dans le symbole qu'il porte, est un défi franc à la République et à ce que nous sommes.

Vous avez tous entendu que le drame s'est produit dans une école privée du culte israélite mais en tant qu'officier français, je ne prends pas en compte ce détail. Il me suffit d'apprendre qu'il y a eu 4 morts par fusillade dans une école. L'ethnie, la religion ou les opinions des victimes ne rentrent pas en ligne de compte. Le crime est une atteinte à nos lois républicaines, l'attaque d'une école est une atteinte à nos valeurs d'éducation, de transmission du savoir, de parcours de citoyenneté et au final de démocratie républicaine. En attaquant une école, on attaque les fondements de notre avenir, de notre civilisation, de notre culture, de tout ce que nous sommes et voulons être.

 

Certes, dans le symbole, le fait de s'attaquer encore une fois en Europe à la communauté juive est profondément attristant et désespérant. C'est Rome qui, dans l'Antiquité, a arraché ce peuple de sa terre d'origine et l'a dispersé dans le monde connu, le soumettant à la haine, à la vindicte et aux persécutions. C'est Paris qui a vu la dégradation du Capitaine Dreyfus dans une injustice raciste qui a marqué au fer rouge l'armée française. C'est à Berlin que fut décidée la solution finale à la question juive. Et je ne parle même pas des juifs espagnols contraints à l'exil avec les Maures après la Reconquista ou des pogroms incessants dans les pays slaves. Que l'on puisse encore aujourd'hui profaner des sépultures juives, kidnapper un jeune juif en espérant une mirifique rançon ou ouvrir le feu dans une école privée juive me désespérerait... si je ne l'étais pas déjà! L'histoire est un éternel recommencement, les leçons de l'histoire ne sont jamais apprises, l'humanité est conne, cruelle, égocentrique et incapable de s'améliorer. Je suis triste et malheureux de ce drame parce que je suis sensible à la douleur des familles et que je suis révolté du meurtre d'enfants. Mais je ne suis pas surpris, ni estomaqué, ni déboussolé. L'humanité aime sa propre connerie autant que les chiens adorent se lécher l'arrière-trainl. On ne peut pas demander à un chien d'être autre chose qu'un chien et on ne peut malheureusement pas demander à un humain d'être autre chose qu'humain et, n'en déplaise aux humanistes de tout poil, l'humanité n'est pas belle à voir. Attention, en disant ça, je ne justifie ni les meurtres, ni la cruauté, ni l'inhumanité. Au contraire, j'estime que connaitre l'humanité dans ce qu'elle a de plus sombre permet de mieux la comprendre, de mieux l'expliquer, de mieux s'y préparer et de mieux lui pardonner le cas échéant. Aimez et défendez l'humanité avec passion et énergie, mais n'attendez pas trop d'elle, vous allez être extrêmement déçus.

 

Notre République, qui a été sauvagement attaquée par ces différents meurtres de soldats et d'écoliers français, est pourtant justement l'une des belles choses que l'humanité a réussi, même si elle n'est pas parfaite et si elle est parfois défaillante. Les principes humanistes et démocratiques qui ont mené à notre République Française, au travers des révolutions britannique au XVIIème siècle, américaine et française au XVIIIème siècle et haïtienne au XIXème siècle, sont universels, intemporels et jusqu'ici, il s'agit des seuls principes qui permettent de limiter la tyrannie et l'arbitraire pour favoriser la vie paisible tous ensemble dignes, libres, égaux et fraternels. Le droit à la vie, le droit à la liberté, le droit à la liberté de conscience, l'égalité de tous devant le Droit, le droit à la propriété privé, le droit à la libre association, le droit à la liberté d'expression et de la presse, le droit à la recherche du bonheur, c'est à dire le droit de chaque être humain de construire et de mener sa propre vie selon ses propres choix, le droit au gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple, sont autant de droits inaliénables à la nature humaine, toute la nature humaine sans distinction de couleur, d'origine, de génétique, d'opinion de foi ou de choix personnels.

 

La France géographique, historique et culturelle est notre lieu de vie et en tant que soldats, nous nous engageons à la défendre, comme un homme défendra sa maison. Mais notre France est davantage qu'un lieu, qu'une langue et que des frontières. Notre France, c'est aussi ces droits que nous reconnaissons à l'humanité et que nous entendons défendre. Il n'y a qu'une France qui existe, c'est la France libre et c'est la seule qui vaille de combattre et de mourir.

Etes-vous prêts à vous faire tirer dessus et à mourir pour la défendre? Quand vous signerez votre engagement, de réserve ou d'active, pensez-y parce que c'est exactement ce à quoi on nous demande d'être prêt.

 

Mais pour finir sur une note plus légère, n'oubliez tout de même pas ce qu'a dit le Général Patton: "Le but n'est pas de mourir pour son pays mais de faire en sorte que l'enfoiré d'en face meure pour le sien!"

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Mercredi 21 mars 2012 3 21 /03 /Mars /2012 01:43
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cld8ghv0     Reste t'il un peu de place, dans les émotions que ce dramatique 20ème siècle aura causées, pour une enième et pourtant terrible histoire de guerre, de sang versé et d'extermination?

     J'ai toujours affirmé que le pire crime des Nazis avait été de créer un précedent, un point de référence, une sorte de nomenclature du crime de masse qui, par son éxecution si froide, industrielle et administrative autant que par son ampleur dans un temps très court, donne la mesure la plus extrème de ce qu'il est possible de faire lorsqu'on prévoit d'exterminer un peuple. La Shoah est le niveau maximum, jusqu'à preuve du contraire, de l'efficacité d'une élimination de grande envergure et l'on ne peut s'empêcher de comparer tous les crimes de masse à ce niveau-étalon de l'horreur. A côté de cette effrayante prouesse criminelle, les crimes de masse, tentatives d'extermination, génocides et autres nettoyages ethniques du 20ème siècle paraissent assez ternes et reflètent un amateurisme qui suscite davantage de mépris que de stupeur.   19420529-EtoileJaune.jpg

     Pourtant, le 20ème siècle restera sans doute dans l'histoire comme un siècle d'exterminations, davantage peut-être que comme un siècle guerrier malgré les deux guerres mondiales et la guerre froide planétaire qui a suivi. En effet, un intéressant exercice consiste à demander à n'importe qui de citer des génocides du 20ème siècle. Généralement, les réponses tournent autour de trois. Bien sûr l'omniprésente Shoah vient immanquablement en premier et c'est heureux et l'on cite généralement le génocide rwandais, sans bien savoir de quoi il s'agit, et le génocide arménien, que l'on ne connait d'ailleurs pas davantage. Juif, Arménien et Rwandais sont des mots qui depuis quelque temps sont associés au mot génocide et par association d'idées, on peut vous dire "Juif", vous allez penser à "génocide" et si on vous dit "génocide", vous allez sans doute penser à "arménien".

     Mais si on vous dit "Assyrien", vous allez d'abord entendre "Syrien" et il va falloir qu'on vous redise, en articulant, "Assyrien" pour que vous vous aperceviez que ce mot ne vous évoque rien, sinon quelques vagues souvenirs de collège ou de catéchisme et, peut-être, les mélomanes feront un lien avec l'opéra Nabucco de Verdi. 

     Alors quand on vous dira que les Assyriens ont perdu près de 75% de leur population totale au cours d'un crime de masse au début du 20ème siècle, vous vous demanderez quelle classe d'école vous avez sauté pour ne pas vous en souvenir. Mais rassurez-vous, même en étant un très bon élève, vous ne pouviez pas vous en souvenir parce qu'on ne vous l'a jamais appris.

     L'année 1915 est une annus horribilis pour l'histoire des hommes. L'une des plus merveilleuses inventions de l'homme, l'avion, se révelait être un formidable outil pour la guerre, la fleur au fusil laissait la place à la boue des tranchées, le panache des charges de cavalerie laissait place à la lâcheté de l'Ypérite et des gaz de combat, les toutes jeunes nations australiennes et néo-zélandaises abreuvait de sang les plages des Dardanelles, toute l'Europe s'enflammait sur terre, sur mer, sous la mer et dans les airs et les Ottomans entamaient un programme d' "ottomanisation" et d'islamisation de leur empire, en tentant d'exterminer les Arméniens dont les rebellions et les accoitances avec l'ennemi russes justifiaient à leurs yeux le traitement mais aussi de liquider les nombreuses communautés chrétiennes des actuelles Turquie, Syrie et Irak. Ces communautés chrétiennes de Mésopotamie portaient plusieurs noms selon leurs Eglises et leurs origines géographiques: Nestoriens, Syriaques, Syriens, Assyriens, Chaldéens ou Assyro-Chaldéens. porte de ninive

     En fait, ces communautés étaient les plus anciens peuples chrétiens de l'histoire. Evangélisés au 1er siècle, alors que les Romains donnaient les chrétiens en pature aux lions, les Mésopotamiens n'étaient nuls autres que les descendants des fiers empires Assyriens et Babyloniens, avant que ceux-ci ne soit balayés par les Perses, eux-mêmes balayés par les Grecs, eux-mêmes balayés par les Romains, eux-même balayés par les Arabes, et ainsi de suite. Malgré ces différentes invasions et malgré l'établissement des califats arabes musulmans sur tout le Moyen-Orient autour du 8ème siècle, ces populations chrétiennes conserveront leur identité et jusqu'à leur langue, l'araméen qui était la langue courante des bords de l'Euphrate jusqu'à Jérusalem aux temps de Jésus-Christ et des premiers chrétiens. En effet, dans les provinces romaines de Judée, Samarie et Gallilée, on parlait l'araméen, importé de Babylone lors du retour des Juifs à Jérusalem sous Néhémie. Seuls les érudits parlaient le Grec, seuls les prêtres utilisaient encore l'hébreu comme langue liturgique et très peu parlaient le latin de l'occupant romain.

     Conservant leur langue et leur religion, se mêlant peu aux conquérants arabes, les chrétiens d'Orient traversèrent les siècles avec relativement peu d'encombres mais en se retirant de plus en plus dans des regions reculées et montagneuses, abandonnant toujours plus de terre et de pouvoir aux musulmans qui s'étendent en Afrique, en Asie et en Europe avec la conquète de l'Espagne. L'apogée de la puissance musulmane sera certainement en 1453 lorsque tombe l'emblématique cité chrétienne de Constantinople, capitale de l'Empire Romain d'Orient et siège de l'Eglise Catholique Orthodoxe. Mais pourtant le reflux s'annonce. Grenade tombe en 1492 et les Ottomans échouent devant Vienne en 1529. Dès lors, et malgré quelques soubressauts (La dernière bataille pour Vienne aura lieu en 1683), l'Islam recule. Plus alarmant encore, l'âge d'or d'un Islam ouvert, hétérogène, parcouru de courants de pensées divers et inspiré de philosophies et de sciences étrangères se termine et la société musulmane suit de près le déclin de l'Empire Ottoman qui petit à petit perd des possessions et son influence. Au 19ème siècle, Français et Britanniques en Méditérannée profitent de la faiblesse ottomane en Afrique pour s'emparer du Maghreb et de l'Egypte, les Marines américains viennent combattre les pirates barbaresques à Tripoli et les nations des Balkans obtiennent graduellement leurs indépendances. ar 329

     Déjà, au cours du 19ème siècle, les populations chrétiennes de l'Empire commencent à subir la haine des musulmans qui les soupçonnent de ne pas être loyaux. Plusieurs massacres ont lieu contre les populations chrétiennes à partir des années 1880 et préfigurent ce qui va suivre. Au début du 20ème siècle, l'Empire Ottoman est sur le point de s'effondrer et connait un vif repli identitaire islamique et d'ethnie turque. Lorsque la Grande Guerre éclate en 1914, les Ottomans se rallient aux Empires Centraux de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie, espérant bien renouer avec la puissance et l'influence.

     Mais pour retrouver la gloire des grandes heures de l'Empire, comme dans tout empire en déclin, les dirigeants ottomans véhiculent un nationalisme et une identité ottomane qui ne tolèrent plus, tout à coup, les arméniens et mésopotamiens, bref, les chrétiens. Le mythe de l'ennemi intérieur qui sape la nation, que l'on avait entrevu avec l'affaire Dreyfus et qui aboutira au Nazisme allemand est un phénomène global qui n'épargne pas les Ottomans.

     Si les Arméniens ont montré, à plusieurs reprises avant la guerre des vélléités de révolte et d'indépendance, au besoin par des actions violentes et s'ils se sont majoritairement ralliés à la Russie ennemie au début de la Grande Guerre, les Assyro-Chaldéens, dans leur grande majorité vivent au coeur de l'empire depuis des siècles et ne représentent aucune menace pour les Ottomans. Seule leur foi pose problème et les rend suspects.

     Les exactions commençent en même temps que celles contre les Arméniens. Les Ottomans arment des milices kurdes pour massacrer les populations et occuper les terres et les villages. Peuple fier, rude et montagnard, les Assyriens ne se rendent pas sans combattre mais la violence et la barbarie des Kurdes, associée à la puissance militaire classique de l'armée ottomane ne laisse que peu de chances aux défenseurs Assyriens et à leurs familles. La région du Tur-Abdin, qui signife "Montagne des adorateurs de Dieu" dans l'actuel sud-est Turc, est passée au fil du poignard et les massacres sont gigantesques. La résistance assyrienne se concentre autour des Eglises qui servent souvent de fortifications et ou les Assyriens parviennent parfois à ammasser suffisamment d'armes et d'eau pour soutenir un siège de plusieurs semaines. Mais, inévitablement, sans renforts ni secours, les poches de résistance finissent toutes par tomber et il n'y a guère que dans une interminable fuite que les Assyriens trouvent un peu de répit.

     La chute de l'Empire Ottoman n'y changera rien, les massacres continueront sporadiquement jusqu'à ce que les régions assyriennes soit quasiment vides. Le protectorat français sur la Syrie permettra à certains d'entre eux de se mettre à l'abri mais le bilan de cette "ottomanisation" est lourd. D'après des études récentes, on estime qu'entre 500 000 et 700 000, soit 75% de la population assyro-chaldéenne a disparu sous les armes ottomanes et kurdes entre 1915 et 1920, un taux de pertes supérieur à tous les autres durant ce conflit.   0b377e5da9fefa5174ab9eb99cf9b8ce

     Et si seulement le massacre était terminé... Les Arméniens obtiennent, avec la chute de l'Empire Ottoman, l'indépendance de l'Arménie mais les Assyriens, Chaldéens et Syriaques vivent à présent dans plusieurs états, la nouvelle Turquie, la Syrie sous protectorat français et le Royaume d'Irak sous protectorat britannique. Les Assyriens d'Irak crurent pendant quelque temps qu'un état Assyrien serait établi grâce aux britanniques. Une formation militaire assyrienne, les Assyrian Levies, fut même constituée pour soutenir les britanniques contre les révoltes arabes et kurdes. Mais à partir de 1932 et la fin du mandat britannique, leur sort prit à nouveau un tour tragique. Le refus de l'Irak, ainsi que de la puissance mandataire française en Syrie, de leur accorder un territoire autonome conduisit à de nouveaux massacres de plusieurs milliers d'entre eux aux mains des troupes irakiennes.

     Par la suite, tout au long de la deuxième moitié du 20ème siècle, les Assyro-Chaldéens de Turquie et d'Irak seront constamment harcelés et persécutés, les conduisant à l'exode, le plus souvent en Europe, en Amérique ou en Australie. Ils n'exisent quasiment plus en Turquie, beaucoup se sont réfugiés en Syrie, au Liban, en Israël ou ils sont relativement à l'abri mais l'exode continue même depuis cette relative tranquilité. catholic

     L'Irak contient encore la plus grande concentration d'Assyro-Chaldéens mais la dictature de Saddam Hussein qui voulait les assimiler de force et notamment éradiquer l'araméen a laissé place aux fanatiques d'Al Qaeda et à un certain nombre de groupuscules qui s'en prennent aux chrétiens de façon aussi sauvage que systématique. On ne compte plus les assassinats, enlèvements, décapitations, viols, fusillades, attentats et incendies que subissent les chrétiens d'Irak. Depuis l'invasion anglo-américaine de 2003, ce sont plus d'une centaines d'églises qui ont été attaquées à l'explosif. On garde bien sûr en mémoire la prise d'otage à la cathédrale Notre Dame de la Délivrance de Bagdad, ou les combats entre terroristes et forces de l'ordre ont causé 58 morts et une soixantaine de blessés, en majorité des paroissiens.

     On l'aura compris, ce que les Turcs ont commencé au cours du 19ème siècle, à savoir le nettoyage ethnique et religieux du Moyen-Orient, est bien toujours en cours, à l'heure ou ces lignes sont écrites. Les Juifs ont été massivement explusés de la plupart des terres musulmanes après 1948 et les Assyro-Chaldéens et Syriaques, par une politique discrète mais constante des autorités du Moyen-Orient musulman continuent d'être poussés vers la sortie d'une terre à laquelle ils appartiennent pourtant depuis le commencement de l'histoire. Les musulmans, conduits par les extrémistes islamistes contre lesquels, finalement, personne ne proteste vraiment, se crééent ainsi petit à petit une terre musulmane "virginale", libre de toute influence ou religion différente, définition même d'un nettoyage ethnique et culturel. Les Assyriens, qui ne sont pas arabes et qui sont chrétiens, deviennent ainsi d'authentiques martyrs, pour une fois que ce mot n'est pas galvaudé.

     Pour ma part, le mot "Assyrien" m'évoque les terribles guerriers de Nabuchodonosor ou de Tiglath-Pilezer doit je lisais les exploits militaires dans la Bible quand j'étais enfant. En grandissant et en m'intéressant à l'histoire, j'ai découvert la complexité et les merveilles de ces civilisations mésopotamiennes. L'invention de l'écriture par les Sumériens, le code Hammourabi considéré comme le plus ancien recueil de textes de lois de l'histoire, les merveilles architecturales de Babylone ou de Niniassyrie14ve, dont les portes et les bas-relief sont la fierté de nombre de musées archéologiques, la majestueuse et splendide porte d'Ishtar sont autant de choses qui me font rêver et qui forcent mon admiration pour ces peuplades antiques qui ne sont pourtant pas en odeur de sainteté dans la Bible. Et il faut rappeler que, les premiers, les descendants de ces peuples si importants dans l'histoire, ont embrassé le christianisme et l'ont propagé vers l'Asie et l'extrème-orient, au point qu'il existe en Chine une stèle chrétienne écrite en araméen et en chinois datant du 7ème siècle et que l'on retrouve des traces du christianisme oriental jusqu'en Indonésie.

 

     Comment, ainsi, rester insensible à cet assaut contre la mémoire des hommes et au crime contre l'humanité que représente l'élimination silencieuse des Assyro-Chaldéens Syriaques de leur terre ancestrale, entamée en 1915 par le Seyfo, un mot qui n'aura malheureusement jamais la notoriété de celui de Shoah, mais qui désigne bien la même chose: un crime de masse contre une peuplade antique, contre une foi originelle et contre une culture ancestrale au nom d'une idéologie irréaliste et sectaire, pureté de la terre d'Islam dans l'un, pureté de la race aryenne dans l'autre?

 

     Le sang des Assyriens a déjà trop coulé mais rien ne semble devoir arrêter l'hémorragie et il emporte avec lui une grande partie du patrimoine de l'humanité, dans une silencieuse extinction dont je viens, il y a peu seulement, d'apprendre l'histoire et de réaliser l'importance.

     Comme l'a dit le roi Salomon dans l'Ecclésiaste, à l'époque ou l'Empire Assyrien montait en puissance: "Car avec beaucoup de sagesse on a beaucoup de chagrin, et celui qui augmente sa science augmente sa douleur". En effet, le sang des Assyriens me fait mal.

 

Deux films à voir sur le sujet: Les Derniers Assyriens & Seyfo l'élimination de Robert Alaux 

http://www.docorient.com/index_fr.html

Vendredi 25 novembre 2011 5 25 /11 /Nov /2011 03:53
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Dans la nuit du 17 au 18 mars 2011, je suivais avec impatience les négociations à l'ONU qui devaient aboutir à une résolution permettant d'intervenir militairement contre les forces de Kadhafi qui, au même moment, entraient dans les contreforts de Benghazi avec la ferme intention d'y commettre un massacre.

 

 

rafale07.jpgLorsque la résolution a enfin été votée, après avoir été brillamment défendue par le Ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, j'ai immédiatement publié sur mon blog un message d'encouragement et de soutien aux aviateurs français qui allaient s'envoler pour sauver Benghazi.

 

http://mothys.over-blog.com/article-les-ailes-de-la-france-69569005.html

 

 

En détruisant les blindés et l'armement lourd des forces loyalistes, l'Armée de l'air, suivie de près par la Royal Air Force, a clairement sauvé Benghazi d'un sort terrible et a permis aux rebelles du Conseil National de Transition de reprendre graduellement l'initiative. Comme a chaque offensive aérienne, des non-initiés à la guerre et encore moins à la guerre aérienne ont fulminé contre ce qu'ils estimaient être l'inefficacité des frappes aériennes et la lenteur de la progression des évènements. Mais comme à chaque fois, la maitrise du ciel et la permanence au-dessus du théâtre d'opérations ont permis à l'aviation de se rendre maitre de la Libye, sans qu'un soldat ne soit obligé de poser le pied sur le sol libyen. Harcelés et pilonnés par les avions de la coalition très largement mené par la France et la Grande-Bretagne, les forces loyalistes ont fini par s'effondrer et, comme à chaque fois, c'est avec une certaine surprise qu'on a appris la soudaine percée des rebelles et la prise de Tripoli, après plusieurs semaines sans avancée majeure.

 

262303.jpgOn nous prédisait ensuite une longue et douloureuse résistance à Syrte et à Bani Walid qui sont finalement tombées, certes dans de durs combats mais sans l'acharnement de type Stalingrad que certains envisageaient. Le 20 octobre 2011, l'aviation alliée dont plusieurs avions français est dirigée vers un convoi armé loyaliste qui fuit la ville de Syrte. Dans ce convoi stoppé net par les tirs des chasseurs se trouve le Colonel Mouamar Kadhafi, le sanguinaire et mégalomane dictateur libyen qui trouvera la mort dans des conditions qui restent à éclaircir.  

 

 

Sa mort  signife la fin définitive de la Jamahirya, la révolution libyenne qu'il avait initié quand il était un jeune capitaine de 27 ans et qui avait conduit à un grand n'importe quoi, mélange de volonté impérialiste en Afrique, de socialisme nationaliste en économie intérieure, de pouvoir arbitraire d'une famille et d'un clan avec des détails sordides comme le soutien au terrorisme et  aux mouvements subversifs de par le monde ou sa garde prétorienne "amazone" entièrement composée de femmes soldats vierges spécialement entraînées à sa protection et à ses fantasmes.

 

Je critique souvent vertement la France et la politique étrangère française et c'est donc avec un grand plaisir que je salue cette intervention française qui a contribué à offrir au peuple libyen une chance de liberté et de libre choix de ses institutions et de son gouvernement. Personne ne peut garantir que cela débouchera sur une situation meilleure et les choses peuvent très mal tourner mais la France aura au moins essayé et ouvert une fenêtre d'opportunité.

 

Je tire mon chapeau ce soir aux aviateurs français, mes camarades que j'admire et que je respecte. Je suis fier de leur action, de leur efficacité et je suis soulagé qu'ils rentrent tous chez eux sans pertes, ni au combat, ni par accident. Hommage à tous, navigants, arpètes, pétafs, pailleux et tous ceux qui ont su accomplir ce travail bien ficelé. Sous vos cocardes tricolores, c'est la liberté qui volait dans le ciel libyen et c'est à vous que les libyens doivent leur chance d'une vie meilleure.

 

Mesdames, Messieurs les aviateurs qui portez les couleurs de la France sur vos épaules, je vous salue.

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Samedi 22 octobre 2011 6 22 /10 /Oct /2011 04:21
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